AXE 2 : ENVIRONNEMENT, NATURE ET SOCIÉTÉ : RISQUES, BIODIVERSITÉ, ESPACES MARITIMES ET LITTORAUX

Coordination : Olivier Blanpain-Eric Masson

 

La notion d’environnement tient à l’interrogation que porte l’individu moderne quant à sa relation au monde, dans sa double dimension de connaissance scientifique et d’appréhension subjective. On perçoit alors facilement le caractère multiforme des enjeux environnementaux, à la fois sociaux, économiques, éthiques, politiques, industriels, scientifiques, technologiques, etc. Loin de se laisser circonscrire à un quelconque périmètre, l’environnement n’a cessé de « rebondir » d’une dimension, d’un domaine, d’un niveau d’activité ou de réalité à un autre, de la nature et sa protection à l’univers technique et industriel, à l’innovation technologique via les éco-technologies, de l’économie à la science, de la littérature à l’opérationnalité concrète, pour signifier le caractère fondamentalement plurivoque et indéterminé qui est le sien.

 

Aussi deux approches ont été retenues dans cet axe

La première approche :

Risques, crises et inégalités environnementales témoigne d’’une approche moderne du risque, tournée vers la prise de conscience des risques induits par le déploiement des technologies à l’échelle planétaire, c’est-à-dire moins axée sur la séparation artificielle entre aléa d’un côté et « vulnérabilité » de l’autre. Ce volet rassemble des approches portant sur les risques naturels (notamment les risques hydrologiques et côtiers) et les risques technologiques (en particulier, les risques industriels et liés aux transports de matières dangereuses). La recherche privilégie les territoires soumis à de fortes contraintes environnementales et à des pressions engendrées par le développement socio-économique (zones inondables en milieu urbanisé, espaces côtiers, zones industrialo-portuaires, cônes de déjection torrentiels …).

Ce contexte, où se conjuguent des aléas naturels et anthropiques parfois mal identifiés, et des enjeux importants, expliquent l’émergence des territoires à risques. De même, les risques naturels et ceux qu’engendrent les multiples pollutions de l’air, de l’eau, et des sols , sont autant de thèmes, souvent interdépendants, qui sont regroupés sous le terme très général de « risque environnementaux ». Les études menées dans ce volet privilégient également l’analyse des disparités écologiques susceptible de porter sur différents thèmes environnementaux (exposition au risque industriel, pollutions atmosphériques urbaines ou autres, modifications de la qualité de l’air en lien avec les changements climatiques, exposition aux pollutions phoniques, bénéfice d’aménités environnementales, aspects redistributifs ou non de politiques de l’environnement).

 

La seconde approche :

« Nature, cultures et sociétés : usages, préservation et représentations » (Forêts : analyse des sylvo-anthroposystèmes) concerne notamment les milieux forestiers en tant qu’écosystèmes complexes largement façonnés par l’homme. Mais il s’agit d’élargir la réflexion vers les espaces et les sites de protection de la nature, lesquels ne cessent de prendre de l’ampleur partout dans le monde. Quelles formes revêt-elle et quelles sont les raisons d’un tel essor ? De tels questionnements nous permettent de nous interroger sur le sens que peut prendre cette préservation. En nous intéressant aux différentes approches possibles que les sociétés entretiennent avec la nature selon leur culture ainsi qu’à leur spatialisation, nous en arrivons à poser ces questions importantes : à qui appartient la nature, de quelle nature parle-t-on, a t-elle une valeur et de quelles valeurs parle-t-on.