L’ATELIER DES TERRITOIRES : approches transversales

Coordination : Christelle Audouit-Hervé Flanquart

 

L’objectif de cet atelier est de renforcer l’approche transversale des objets « Territoire », « Ville », « Environnement » et « Sociétés » développée au sein et entre les deux axes de recherche de T.V.E.S.. L’atelier représente une opportunité méthodologique pour l'ensemble des chercheurs du laboratoire. D’une part, il s’agit de faire dialoguer les différents chercheurs travaillant sur des territoires différents afin de réfléchir à la possibilité de passerelles et ponts entre ces objets distincts. D’autre part, cet atelier ambitionne de développer la réflexion disciplinaire et interdisciplinaire à propos des concepts majeurs qui sont mobilisés par les chercheurs du laboratoire.


D’une part, cet atelier permettra de présenter, via le recours à des séminaires, les résultats partiels ou terminaux de travaux portant sur des territoires singuliers pour ensemble questionner la possibilité de la transférabilité, partielle ou pourquoi pas totale, des résultats à d'autres terrains de recherche. De la sorte, cette question du transfert, d'une part, fructifie d'autres recherches, ouvrant des perspectives, suggérant des développements ultérieurs et des pistes de travail à creuser, et, finalement, renforce l'efficacité du laboratoire en multipliant ou accélérant les possibilités de productions scientifiques, selon le double principe des "ruses de l'intelligence" (Détienne & Vernant, 1974, Paris : Flammarion) et de "l'intelligence collective" (Morin, 1992, La Méthode. Paris : Seuil). D'autre part, « Une étude particulière sera définie par la relation qu’elle entretient avec d’autres, contemporaines, avec un « état de la question », avec les problématiques exploitées par le groupe et les points stratégiques qu’elles constituent, avec les avant-postes et les écarts ainsi déterminés ou rendus pertinents par une recherche en cours » (Certeau, 1984, L'écriture de l'histoire. Paris : Gallimard). De cette façon, est ambitionnée la production de la connaissance, comme degré supérieur du savoir en temps qu'il est monté en généralité et qu'il ambitionne une lecture plus globale des faits sociaux, spatiaux et culturels.


D’autre part, cet atelier permettra de prolonger les pratiques interdisciplinaires et les coopérations entre géographes, politistes, architectes, économistes, anthropologues et sociologues. Le constat est que, au sein même d’une discipline – et a fortiori lorsque plusieurs disciplines scientifiques collaborent -, la signification et le sens des concepts, théories, axiomes et autres modèles mobilisés sont souvent évacués au profit des applications aux terrains et de la démonstration heuristique. Pour autant, et de facto, le silence sur ces données conduit parfois à des quiproquos ou des incompréhensions. L’idée de cet atelier réside alors dans le dépassement de ce problème par l’instauration d’une culture de l’artisan intellectuel (W. Mills, L’imagination sociologique, 1959), qui construit lui-même ses méthodes et ses théories à partir du terrain.


Chaque « objet » mis en discussion au sein de l’atelier fera l’objet d’un questionnement quant à sa mobilisation et à sa déclinaison sur d’autres terrains, enfin quant à l’élargissement des possibilités de son exégèse entre les différentes disciplines scientifiques. A l'instar de ce qu'écrivait M. Frisch (1964, Journal, Paris : Gallimard), nous pensons en effet que les objets scientifiques "...les plus attachants sont souvent ceux qui provoquent la contradiction ou qui suscitent tout au moins le désir de les compléter - une foule de choses nous viennent à l'esprit, chose que l'auteur ne mentionne même pas, bien que les rapprochements s'imposent (...) Nous restons les débiteurs même là où la contribution nous stimule". De fait, si certains concepts ou paradigmes font l’objet d’une longue tradition de mobilisation par telle ou telle science humaine ou sociale, nous voulons d’abord réfléchir à l’existence d’une définition spécifique dans chaque discipline et à l’intérêt de cette lecture multimodale ou multiscalaire pour les autres. Ensuite, nous voulons envisager la co-construction d’une acception fédératrice, par-delà les disciplines, pour ensuite les mettre à l’épreuve de nos terrains.